La jour où j’ai vu une psy

Depuis l’arrêt de la stimulation, j’ai l’impression que je suis loin de la PMA. C’est peut être un réflexe de survie, mais tout ce monde s’est éloigné de moi. Je me suis concentrée sur la recherche d’un nouveau travail. Sur l’organisation des vacances de mai. Et j’ai zappé la PMA de ma vie. J’ai même proposé à Chéri de prendre une pause de quelques mois. Il fallait entendre, reprendre le contrôle de ma vie pour quelques mois.

Chéri n’est pas trop d’accord. Il s’inquiète, à juste titre, de l’évolution de ma réserve ovarienne. Moi, je me voyais siroter des pinas coladas tranquilou pendant 6-8 mois et revenir toute pimpante à la PMA. Ou encore, reprendre le sport à fond, même me remettre à courir. Perdre les derniers kilos qui me pourrissent la vie. Et revenir top forme pour reprendre Gonal voire de nouveaux amis.

Mais la vérité fait moins rêver. J’ai bien une réserve ovarienne faiblarde. Le temps est compté. Je vois très bientôt ma gygy qui va sans doute me donner quelques consignes. Je sens qu’elle va me bouleverser, cette rencontre. N’angoissons pas avant l’heure.

Et la vérité encore plus crue, c’est que la PMA n’est pas sortie de ma vie. Pour preuve, ma rencontre avec la psy, mercredi dernier.

Je vous avais raconté mon rêve.

C’est donc un peu bouleversée que je suis arrivée dans son cabinet. En fait, c’était plutôt un cabinet de gygy transformé en salle pour psy. En plein service maternité. Ce qui est bizarre quand même. Déjà que je trouve ça chelou quand le service PMA est en plein service de PB, alors là, c’est pas mal pour le service « psy de la PMA » entouré de PB qui se frottent le ventre!

Mais passons. Passons plutôt à ce fameux rendez-vous…

Elle me dit qu’à part que de savoir que je suis suivie en PMA, elle ne sait rien de moi. Bingo, je vais te la raconter, ma vie. Je sors mon mouchoir. Je me mets à pleurer comme une madeleine et je commence… Les débuts, les IAC, la GEU, la FC, l’attente, la décision de passer en FIV, l’arrêt de la stim. Je ne sais plus où j’en suis. Je pleure. J’ai mal.

Je parle de mon travail. Que je veux changer mais que j’ai peur que ce soit incompatible avec une FIV. Une FIV, ça use, ça fatigue. Ce n’est pas le moment d’être en période d’essai. Elle n’est pas d’accord avec moi, elle pense que c’est compatible. J’ai des doutes.

Elle me dit que la PMA n’est pas une fin en soi. Que c’est un outil pour arriver à quelque chose. Elle a raison.

J’explique que depuis deux ans, ma vie est rythmée autour des examens et des essais. Que je n’ai plus le contrôle. Toutes mes décisions sont prises autour de ce projet. Je suis à bout.

J’explique que je calcule tout. En plus, c’est mon métier de calculer. Une déformation professionnelle en quelque sorte.

Elle entend que j’ai un accent. Elle me demande comment s’est passé mon arrivée en France. Je lui explique que les premières années ont été dures. Que je me sentais coupable de mon choix vis à vis de ma famille.

Elle me fait remarquer que je prends beaucoup mes décisions en fonction de et non par rapport à ce que je veux. Elle a raison.

On va se revoir. Je veux travailler cet aspect. Je veux être la personne la plus importante de ma vie.

Je pense que c’est important.

Je ne suis pas sortie « mieux » ou « guérie » de ce rendez-vous. Je n’allais rien chercher en particulier, sinon me libérer. Me libérer d’un poids qui rend mes épaules lourdes. Qui rend mon monde moins ouvert.

Je ne sais pas si c’est mon parcours depuis le début de la PMA mais je sens que je suis différente. Je suis plus affirmée. Au travail, si ça me gonfle, je le dis. Je suis même allée au clash avec un collègue, il y a quelques semaines. En quelque soirte, ça me plait, je ne me laisse plus marcher sur les pieds. Mais d’un autre côté, je ne me reconnais plus. Je suis comme blessée et à fleur de peau. Pas aigrie. Mais en mode protection. Comme si la vie m’avait déjà fait assez mal.

Et si mon besoin de pause PMA n’était pas que pour reprendre le contrôle de ma vie? Si c’était aussi par réflexe de protection?

Comme si la PMA m’avait déjà fait assez mal…

psy2

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