Pas de nouvelles

Ca y est, le long week end du 14 juillet tire à sa fin. Avec chéri, on a fait le pont mais on est restés là. A Paris, à passer du temps ensemble et à se reposer. J’ai la tête à tellement d’endroits que je n’ai même pas eu l’énergie pour organiser un départ. Ni pour ce long week end. Ni pour les vacances qui se profilent. J’ai quand même vérifié les prix des billets d’avion pour Montréal. J’espère y aller cet été.

Je dis j’espère. Parce que demain, ce sera un grand jour au bureau. Je vais poser ma démission. On a pris le week end pour réfléchir, Chéri et moi. On me proposait un super poste à Prague. En expat. Le genre de poste qui commence par un C et qui se termine par un O. Un genre de consécration. Mais je vais refuser. D’abord parce que je ne peux pas imposer à Chéri de démissionner et de me suivre. C’est le meilleur moyen de foutre un couple en l’air. Puis, je ne me sens pas, à mon âge et avec mon AMH, de recommencer tout le parcours PMA dans un autre pays. Ma priorité, c’est de donner toutes les chances à notre projet d’aboutir. La carrière, c’est bien mais je peux bien m’étouffer avec mes tunes si je n’ai pas de famille avec qui la partager. Donc on a tranché. On va refuser l’expat, pour le moment.

Par contre ma psy m’a bien fait comprendre que je pouvais me permettre de changer d’employeur. Même si je tombais enceinte en pleine période d’essai. Donc, je prends le risque. Demain, je l’annonce.

Sur le plan perso, ma minette va mieux. Elle a eu droit à une injection de cortisone qui lui a redonné plein d’énergie. Elle mange bien. On a décidé de tenter la chimiothérapie. Elle a eu sa première dose samedi. Reste à vérifier en fin de semaine si ça a fonctionné. En attendant, elle a toute notre attention et nous récompense de ses doux ronrons.

Je vous embrasse toutes. Profitez bien de votre été. Même un peu pour moi. J’ai beaucoup de mal à profiter de la vie en ce moment…

A bientôt!

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Sortir la tête de l’eau

D’abord, je commence par vous dire merci. Merci pour vos mots de réconfort et vos encouragements. DNLP a marqué un point mais je suis déterminée à gagner la bataille. Je vais me sortir la tête de l’eau et foncer à nouveau.

J’ai tenté d’avancer mon rendez-vous avec ma gygy, prévu le 21 juillet. Impossible, elle ne consulte en PMA qu’un jour par semaine. Je vais donc lui envoyer un petit mail pour voir si je pourrais avoir des explications avant cette date. Considérant les vacances d’été et mon cycle à rallonge, je pense qu’il est impossible de retenter quoi que ce soit avant. Ou peut être une insémination, ce qui plairait bien à Chéri qui regrette qu’on n’aie pas tenté la sixième.

Parlant de Chéri, il m’a bien touchée hier soir. Il souffre du même syndrome que nous. Son coeur lui fait mal quand il voit des bébés. Il me parlait d’un service où il est passé. C’était plein de photos de bébés et de conversations sur le sujet. Il a trouvé ça dur à supporter. Comme nous, quoi! Comme quoi, il vit tout à l’intérieur mais ça lui fait aussi mal cette galère à avoir notre famille. Doucement, je lui parle du don. On n’en est pas encore là mais je veux le sensibiliser. Il faut y aller en douceur. On n’a pas encore officiellement fait notre première FIV. On a encore quelques tentatives devant nous. Mais je n’ai pas envie de baisser les bras.

J’ai quelques collègues qui prennent de mes nouvelles tous les jours. Deux qui savent et qui sont d’un soutien sans faille. Une qui ne sait pas mais qui est inquiète de tous ces rendez-vous médicaux et de l’arrêt qui a suivi. Ca me fait aussi beaucoup de bien. Je vais les revoir demain. Je vais essayer de reprendre un semblant de vie normale.

Pas de signe de ma meilleure amie. Pourtant, je lui avais dit que j’avais ma ponction lundi.

Ma maman essaie aussi d’être là malgré la distance. Maintenant que c’est terminé, je vais penser aux vacances. Je vais les organiser. Oui, je suis au dernier moment et elles vont me coûter la peau des fesses. Mais pour le moment, on n’a pas de gamin à faire grandir donc payons-nous au moins ce qui nous fait du bien.

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La jour où j’ai vu une psy

Depuis l’arrêt de la stimulation, j’ai l’impression que je suis loin de la PMA. C’est peut être un réflexe de survie, mais tout ce monde s’est éloigné de moi. Je me suis concentrée sur la recherche d’un nouveau travail. Sur l’organisation des vacances de mai. Et j’ai zappé la PMA de ma vie. J’ai même proposé à Chéri de prendre une pause de quelques mois. Il fallait entendre, reprendre le contrôle de ma vie pour quelques mois.

Chéri n’est pas trop d’accord. Il s’inquiète, à juste titre, de l’évolution de ma réserve ovarienne. Moi, je me voyais siroter des pinas coladas tranquilou pendant 6-8 mois et revenir toute pimpante à la PMA. Ou encore, reprendre le sport à fond, même me remettre à courir. Perdre les derniers kilos qui me pourrissent la vie. Et revenir top forme pour reprendre Gonal voire de nouveaux amis.

Mais la vérité fait moins rêver. J’ai bien une réserve ovarienne faiblarde. Le temps est compté. Je vois très bientôt ma gygy qui va sans doute me donner quelques consignes. Je sens qu’elle va me bouleverser, cette rencontre. N’angoissons pas avant l’heure.

Et la vérité encore plus crue, c’est que la PMA n’est pas sortie de ma vie. Pour preuve, ma rencontre avec la psy, mercredi dernier.

Je vous avais raconté mon rêve.

C’est donc un peu bouleversée que je suis arrivée dans son cabinet. En fait, c’était plutôt un cabinet de gygy transformé en salle pour psy. En plein service maternité. Ce qui est bizarre quand même. Déjà que je trouve ça chelou quand le service PMA est en plein service de PB, alors là, c’est pas mal pour le service « psy de la PMA » entouré de PB qui se frottent le ventre!

Mais passons. Passons plutôt à ce fameux rendez-vous…

Elle me dit qu’à part que de savoir que je suis suivie en PMA, elle ne sait rien de moi. Bingo, je vais te la raconter, ma vie. Je sors mon mouchoir. Je me mets à pleurer comme une madeleine et je commence… Les débuts, les IAC, la GEU, la FC, l’attente, la décision de passer en FIV, l’arrêt de la stim. Je ne sais plus où j’en suis. Je pleure. J’ai mal.

Je parle de mon travail. Que je veux changer mais que j’ai peur que ce soit incompatible avec une FIV. Une FIV, ça use, ça fatigue. Ce n’est pas le moment d’être en période d’essai. Elle n’est pas d’accord avec moi, elle pense que c’est compatible. J’ai des doutes.

Elle me dit que la PMA n’est pas une fin en soi. Que c’est un outil pour arriver à quelque chose. Elle a raison.

J’explique que depuis deux ans, ma vie est rythmée autour des examens et des essais. Que je n’ai plus le contrôle. Toutes mes décisions sont prises autour de ce projet. Je suis à bout.

J’explique que je calcule tout. En plus, c’est mon métier de calculer. Une déformation professionnelle en quelque sorte.

Elle entend que j’ai un accent. Elle me demande comment s’est passé mon arrivée en France. Je lui explique que les premières années ont été dures. Que je me sentais coupable de mon choix vis à vis de ma famille.

Elle me fait remarquer que je prends beaucoup mes décisions en fonction de et non par rapport à ce que je veux. Elle a raison.

On va se revoir. Je veux travailler cet aspect. Je veux être la personne la plus importante de ma vie.

Je pense que c’est important.

Je ne suis pas sortie « mieux » ou « guérie » de ce rendez-vous. Je n’allais rien chercher en particulier, sinon me libérer. Me libérer d’un poids qui rend mes épaules lourdes. Qui rend mon monde moins ouvert.

Je ne sais pas si c’est mon parcours depuis le début de la PMA mais je sens que je suis différente. Je suis plus affirmée. Au travail, si ça me gonfle, je le dis. Je suis même allée au clash avec un collègue, il y a quelques semaines. En quelque soirte, ça me plait, je ne me laisse plus marcher sur les pieds. Mais d’un autre côté, je ne me reconnais plus. Je suis comme blessée et à fleur de peau. Pas aigrie. Mais en mode protection. Comme si la vie m’avait déjà fait assez mal.

Et si mon besoin de pause PMA n’était pas que pour reprendre le contrôle de ma vie? Si c’était aussi par réflexe de protection?

Comme si la PMA m’avait déjà fait assez mal…

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La soirée maléfique

Ce soir, j’ai une super soirée !

Avec les collègues, on va voir une autre collègue double C1 qui vient d’avoir un bébé…

A MA DPA si je n’avais pas fait de fausse couche.

En plus, dans les deux collègues, il y a une PB C1 (ou très proche vu les discussions que j’ai pu avoir avec elles).

Et une troisième qui a un joli poupon d’un an.

Je les adore toutes les trois.

Mais ce soir, c’est au-dessus de mes forces.

Elles ne savent rien de mon parcours.

Je n’ai pas envie d’entendre parler couches et tout le tra la la toute la soirée.

Plus que ça, je ne m’en sens pas capable.

Je vais me trouver une excuse. Et je n’irai pas.

Et si je leur disais la vérité? Que je me sens pas assez forte?

J’ai fait un rêve

Un drôle de rêve. Plutôt un cauchemar.

Il y avait cette petite fille. Qu’elle était belle.

En la voyant, j’ai su que c’était elle que je cherchais, que j’attendais.

Doucement, j’ai mis ma main sur son épaule.

Elle s’est écartée, m’a rejetée.

Ce n’était qu’un rêve mais même éveillée, j’ai envie de pleurer en y songeant.

Non, je ne vais pas mieux malgré les apparences.

******

Ça tombe bien, mon rdv avec la psy arrive. Je vous raconterai.

Je ne m’aime pas toujours

Des fois, je ne m’aime pas. Ou plutôt, je n’aime pas mon comportement. Comme ce midi, à table avec que des mères de famille. Et une amie enceinte. Je suis ravie pour elle mais je n’ai pas envie de passer ma pause déjeuner à parler de ses bobos et de sa recherche de crèche.

Je ne m’aime pas dans ce temps-là!

Mais je ne me sens pas de faire semblant. De m’intéresser à la maternité qu’elle a choisi pour accoucher. Remarque que j’espère bien avoir le même dilemme bientôt. Et je la connais sa maternité, je suis allée il y a quelques semaines pour y faire une hystéroscopie. Mais ça, on n’en parle pas. Je fais semblant de ne pas connaître l’endroit.

De m’intéresser à ses bobos de grossesse. Oui, je les connais les bobos des premier mois. Non, je ne peux pas en parler. Je sens que ça jetterait un froid si au cours d’une conversation, je lâchais un « moi aussi je faisais pipi toutes les 10 minutes »! Parfois, j’ai envie d’essayer. Et puis non, je n’ai pas envie de remuer le couteau dans la plaie! Quoique ça les calmerait peut être de parler grossesse si elles savaient pourquoi je n’en ai pas, de gosses.

Je ne m’aime pas mais je sais que je ne suis pas jalouse. C’est juste un repli sur moi pour ne pas plus souffrir. Ou pour souffrir moins.

Et oui, je suis contente pour toi mon amie! J’ai hâte de le voir ton petit bout.

J’espère que d’ici là moi aussi j’aurai un bonheur à partager!